La reconnaissance de la diversité culturelle à l’Unesco nous fait entrer dans la troisième mondialisation. La reconnaître c’est d’abord reconnaître les langues, leur légitimité. Cela constitue un objectif politique aussi important que l’éducation, l’environnement la santé… La troisième mondialisation, c’est bien gérer le triangle infernal identité-culture-communication.
Son enjeu est la cohabitation culturelle, le respect des dimensions culturelles. La culture, au cœur des conflits entre les hommes, doit aujourd’hui être un facteur de cohabitation et d’échanges. Les aires linguistiques sont à la fois produit de l’histoire et acteur de cette cohabitation à construire. Elles vont de pair avec la diversité culturelle et la troisième mondialisation.
L’Europe représente l’expérience la plus avancée de cohabitation culturelle. Par ses langues mais aussi parce qu’elle est le berceau d’un grand nombre des aires linguistiques actuelles. Avec la troisième mondialisation, les identités sont valorisées, l’histoire et la mémoire représente un atout. Elles sont des repères indispensables pour construire cette troisième mondialisation. Pas de construction non plus sans la valorisation des institutions, des sociétés civiles, du militantisme et sans le modèle démocratique. Enfin, on doit passer d’une société de l’information à une société de la communication en donnant l’importance à toutes les médiations assurant le lien entre les langues et les cultures. Certes, on a besoin de l’anglais utilitaire mais également du respect de la diversité linguistique.
La diversité culturelle pose le problème des relations entre les aires culturelles et au sein d’elles-mêmes. Il est donc nécessaire de travailler sur les conditions de communication. Elles sont le moyen de réaliser jusqu’où les peuples peuvent communiquer entre eux. On partage ce qu’on a en commun et on cohabite avec tout ce qui nous sépare. Communiquer revient alors à négocier, organiser la francophonie, c’est apprendre à négocier. La francophonie comme communication interculturelle doit reconnaître la complexité des modèles de communication.
Elle est confrontée à trois changements :
- Tirer les conséquences du 21 octobre 2005 à l’Unesco, c'est-à-dire accroitre la coopération entre les aires culturelles (Commonwealth et francophonie). La diversité culturelle est une condition d’une autre mondialisation, la diversité linguistique établit des ponts entre les peuples et les cultures.
- Veiller à conserver l’équilibre entre institutionnel, société civile et militantisme.
- Favoriser les multiples niveaux de langues ; introduire d’avantage les langues et les valeurs dans l’univers médiatique et des nouvelles technologies.
La francophonie se réinvente, s’élargit à la francosphère et doit pouvoir développer les valeurs démocratiques.
Dans la troisième mondialisation, le triangle infernal identité-culture-communication va modifier les rapports politiques, valoriser l’identité relationnelle. Les déplacements et les médias sont indispensables à la démarche vers l’Autre. La francophonie fait partie intégrante de la troisième mondialisation, elle complète le rôle de l’ONU et des unions régionales. Elle doit maintenir ses actions : institutionnel, société civile, militantisme et défendre les trois niveaux de langue. La francophonie ne doit pas rater sa mutation pour un nouveau monde francophone emmené par la jeunesse.
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