Traduction

mercredi 24 juin 2009

CHAPITRE 2: LA MONDIALISATION, UNE CHANCE POUR LA FRANCOPHONIE



La mondialisation permet à la francophonie de sortir du cadre de la colonisation, de s'élargir. Elle lui permet d'être acteur de la diversité culturelle. Sa valorisation n'est pas seulement linguistique. Valoriser la francophonie, c'est défendre des valeurs universelles, ce qui lui donne un statut mondial. C'est également la défense du pluralisme linguistique car le français n'est pas langue première dans tous les pays de l'OIF.

1/ Revisiter les histoires

Les racines de la francophonie ne viennent pas seulement de la colonisation. Elles viennent aussi des explorations, des comptoirs etc. L'expansion religieuse a aussi joué un rôle important dans le développement de la francophonie en relatant des faits par écrit. Wolton propose donc de ne plus réduire la francophonie au stéréotype de la colonisation et d'éviter de juger la construction de la francophonie avec nos regards de démocrates du 21ème siècle.

Connaître l'histoire de la francophonie peut être un éveil à la conscience mondiale afin de mieux comprendre comment ont été tissés les liens de la mondialisation. Wolton insiste sur l'importance de la connaissance de l'histoire commune qui unit les anciens pays colonisés aux anciens pays colonisateurs : c'est en assumant cette histoire commune que la cohabitation culturelle et mémoriale pourra être organisée. La francophonie s'est construite au sein d'une histoire mondiale. L'histoire de l'immigration en fait partie, elle a favorisé la croissance européenne. Il est essentiel de connaître ces moments de l'histoire, d'en comprendre certaines nuances, sa diversité. Pour lutter contre une vision unilatérale de cette construction de la francophonie au sein du monde, il convient de dialoguer, d'impliquer l'école, de commémorer l'histoire, c'est-à-dire de rouvrir l'histoire et de débattre sur la place publique.

Il est également important de comparer les modèles de colonisation dont les réalités historiques et culturelles sont diverses afin de construire une histoire européenne commune. La question du racisme et de l'esclavagisme est aussi à étudier. La comparaison est donc essentielle pour la connaissance de l'histoire de la francophonie et pour assumer une histoire commune.

2/ Les trois cercles : institution, société civile et militantisme.

C'est en 1970, avec la création de l'Agence de coopération culturelle et technique que commence la construction intergouvernementale de la francophonie. Les élites françaises semblent s'y être moins intéressés qu'à la construction européenne et avoir manqué d'intérêt pour la place de la France dans le monde. L'ouverture au monde, à la francophonie et aux outre-mers a été négligée alors que la France, paradoxalement, s'est battue pour la diversité culturelle! Jusqu'à présent, les histoires de la mondialisation, de la francophonie et de la diversité culturelle n'ont jamais été reliées entre elles.

Il est important que la francophonie conserve les liens entre institution, société civile et militantisme et d'éviter que l'institution mondiale écrase les deux autres.
Ce contact est nécessaire pour la préservation des racines sociétales et culturelles de la francophonie et pour éviter que les intérêts culturels et politiques prennent le pas sur le linguistique. Wolton rappelle ici que le rôle des aires linguistiques est basé sur la défense d'une langue dans le monde et que la reconnaissance de la diversité culturelle n'est pas suffisante pour y parvenir.

Le militantisme linguistique est assuré par les individus qui choisissent de parler une langue. Les premiers militants sont les enseignants qui transmettent leur connaissance de la langue et n'en tirent généralement que peu de bénéfices. Ce réseau militant est le plus grand de tous. Leur action et celles des différents organismes de diffusion de la francophonie prennent un sens quand les gens parlent français. En la faisant réfléchir à son histoire, en l'ouvrant aux différentes variétés du français, la mondialisation redynamise la francophonie, l'ouvre au monde, la modernise. Wolton plaide pour la diversité culturelle au sein même de la francophonie, pour un accueil des francophones dans des structures d'accueil, pour la création d'un Erasmus francophone et d'une université francophone dans les capitales mondiales.

La francophonie a une image vieillie. Il serait judicieux de la rajeunir, de la dynamiser afin de lui donner une image positive au yeux du monde, des francophones et des français. La mondialisation de la politique favorise les échanges internationaux mais la francophonie doit avoir aussi un rôle économique avec une présence dans des domaines variés : sport, nouvelles technologies, presse, médias mondiaux, industries culturelles, bases de connaissances, recherche scientifique, coopération universitaire, économie des déplacements, consommation, style de vie, représentations et imaginaires etc. La présence et la visibilité de la francophonie dans des domaines aussi variés peut lui attirer un public plus jeune, dynamique.

3/ Fraternité contre communautarisme.

Wolton dément l'idée que la diversité culturelle peut être vecteur de communautarisme. Les aires culturelles créent au contraire une cohabitation pacifique et une solidarité alors que le communautarisme crée l'isolement.

En réponse au syndrome identitaire, la francophonie propose la solidarité que lui impose sa propre diversité culturelle, la nature même de sa langue et sa composition (quelques pays riches pour une majorité de pays pauvres). Toutes les aires culturelles sont confrontées à cette lutte face au communautarisme. L'histoire et la société montrent que cette solidarité n'est pas toujours effective, dans un sens comme dans l'autre.

La diversité culturelle a un enjeu essentiel : la cohabitation pacifique d’identités culturelles qui ont apparemment plus de divisions que de ressemblances. La laïcité s’impose à la francophonie car le fait religieux occupe une place de plus en plus importante dans la politique internationale.

Les aires linguistiques sont donc au cœur de la problématique de la diversité culturelle et de la cohabitation pacifique des identités culturelles mais leur rôle est différent de celui des instances internationales et des états.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire